A l’action !

Avant de passer à l’action, je veux rappeler deux points importants.

1 / Ce projet n’est pas humanitaire

Si la société est responsable, c’est une attitude collective qui peut attaquer le pouvoir de ces agresseurs. Une action politique, d’abord : c’est la démarche des articles écrits sur ce site. Une action de solidarité, de l’extérieur, ensuite : un pack « départ, clés en main ».

Concrètement, ce pack départ clés en mains consiste en :

– un logement à l’adresse tenue secrète, pour elle et ses enfants, à distance de son actuel logement, dans un différent département.

– une aide au déménagement.

– un accompagnement juridique pour qu’une avocate l’aide à effectuer les démarches de départ et de divorce dans le respect du secret de sa nouvelle vie.

– une aide financière pour subvenir à ses besoins et à ceux de ses enfants le temps que les formalités auprès de la caf, du JAF et de toute autre administration soient faites.

Ce n’est pas un sauvetage.  Ma sœur est l’héroïne de cette histoire : elle est encore debout et vivante alors que se mène depuis de nombreuses années  contre elle, contre sa vie et contre son humanité une guerre sans merci, quotidienne et permanente et en tous lieux. C’est miraculeux qu’elle soit encore debout. Mais ça doit cesser : sa santé et son espérance de vie sont menacées par ces mauvais traitements.  L’objectif ici est simplement de construire une riposte adaptée stratégiquement à la guerre que mènent ces hommes contre les femmes.

Il s’agit de recueillir de l’argent, bien sûr, mais au-delà, de faire évoluer la perception de ce moment particulier qu’est le départ d’une femme violentée. Ca me concerne, ça nous concerne collectivement, particulièrement dans l’attente que les institutions perfectionnent leur action.

On a tous en tête le témoignage de ces femmes qui disent combien elles ont mis du temps avant de qualifier de violences ce qu’elles vivaient parce que ça ne cadrait pas avec leur représentations de la femme battue. Cette représentation, c’est une catastrophe. C’est victimisant, or ces femmes sont déjà infériorisées au quotidien, elles n’ont pas besoin en plus d’endosser le costume de la pauvrette en sortant de cet enfer. Leur dignité est bafouée, c’est de la restaurer et d’être vues pour ce qu’elles sont, des combattantes, qu’elles ont besoin. Partir oui : pour que leur force, leur talent, leur courage ne soit plus utilisé pour survivre et se protéger mais soit mis à leur profit et celui de leurs enfants.

2 / Le héros de cette histoire c’est ma soeur

Il se trouvera toujours des gens pour la juger, dire « elle le veut bien si elle reste ». Grâce au renversement de responsabilité pratiqué par ces agresseurs et, plus largement, par la société, ces femmes sont rendues responsables de leur sort. On n’accable pourtant pas le papi extorqué par un faux policier, on se dit juste que l’escroc n’a aucun scrupules. Ca s’appelle la haine des femmes  : quoi qu’elles fassent, elles ont tort.

La responsabilité ne peut reposer sur les épaules de ces femmes qui, au quotidien, sous les coups, les insultes, les humiliations, le mépris, la manipulation, la torture physique et psychique, réalisent déjà l’impossible : survivre. Certaines parviennent à s’enfuir. D’autres sont mortes en le faisant, leur courage ne sera pas oublié. Mais pour d’autres, le piège est tellement sophistiqué qu’une fuite est impensable. Toutes ses forces, ma soeur les a utilisées pour survivre, au quotidien, pour donner un semblant de vie normale à ses enfants. Elle s’est oubliée, elle a renoncé à essayer de se battre parce que, de toutes manières, il est plus fort et il a les institutions de son côté, à chaque fois il s’en sort. Aujourd’hui, elle vit sous l’emprise d’un homme violent et manipulateur. Et si elle décide de le quitter, il la tuera. Je le sais car il a déjà commis un crime et il possède des armes à feu. (la justice sait tout ça, elle prend son temps, c’est pas comme si c’était grave :)).

Il y a besoin :

  • d’argent, pour préparer un départ et pour elle et ses  enfants ;
  • de ressources humaines, pour nous communiquer toute expérience, tout conseil permettent de réussir un tel départ ;
  • de ressources juridiques ;
  • d’un lieu où se cacher pendant deux mois, le temps que les demandes de logement social soient faites.

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