Pourquoi est-ce un problème de société ?

Je pourrais faire un long texte avec plein d’explications mais parfois, une image vaut mille mots. Voici une publicité que j’ai sous les yeux plusieurs semaines par an depuis deux ans environ, dans la presse et dans la rue.

Au moment où cette marque de parfum a lancé cette campagne, le monde venait d’apprendre que cet homme célèbre était accusé par son ancienne compagne de violences. Pour avoir dénoncé publiquement sa violence, cette jeune femme s’est faite attaquer par voie de presse, les communiquants de M. Depp on essayé de la dépeindre sous les traits d’une femme vénale et manipulatrice. Elle s’est battue contre ce qui, typiquement en matière de violences domestiques, consiste en un renversement des responsabilités. Ca se pratique vis-à-vis des anonymes comme des actrices célèbres. Cette dernière a même mis en ligne une vidéo, le genre de vidéo que l’on enregistre quand on craint pour ses jours et qu’on se dit qu’au moins la caméra aidera à identifier le coupable. Tout, le public sait tout sur la violence de cet homme public.

Cela n’a pas dissuadé la marque de parfum d’en faire son égérie. Pire, il y est mis en scène dans la posture qui décrit exactement le geste de l’homme qui s’apprête à frapper : il se retrousse les manches. Le nom du parfum ? Sauvage. Une ode à la sauvagerie masculine.

Cela n’a pas dissuadé la régie de diffuser cette publicité. Il ne s’est trouvé personne entre le concepteur de cette campagne et la commune, avec son élue aux droits de femmes, pour protester contre cette apologie assumée de la violence masculine.

Et la presse dans son traitement de l’affaire n’a pas aidé à comprendre ce dont il s’agit ici, à savoir de la violence, et pas un banal conflit de couple.

Si, à de si nombreux échelons, l’on échoue à évaluer le problème que pose cette publicité, c’est qu’on est face à un problème de société. A tous les échelons, le comportement de cet homme est perçu comme normal. Pour avoir un élément de comparaison, il faut penser  aux débats suscité par le fait que Nicolas Anelka, footballeur professionnel, a insulté un jour son sélectionneur en équipe de France. Des dizaines d’articles, des chroniques, des sujets de journal télévisé, des interviews et une réprobation générale de l’attitude du sportif. Il en a même perdu un sponsor. A tous les échelons, la société réprimandait N. Anelka pour son insulte.

Tout le monde connaît cet acteur et ses déboires. Il y a une contradiction à, d’une part, développer des campagnes incitant les femmes victimes de violences à parler et d’autre part, mettre devant leur nez une telle provocation.

 

 

 

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