Pourquoi la seule solution c’est de partir sans se retourner.

La seule solution quand on est en danger dans son propre foyer, c’est le départ immédiat, sans préavis, définitif et irréversible dans un lieu inconnu de tous.

Parce que ces hommes sont profondément dépendants des femmes qu’ils torturent et maintiennent sous leur domination, il leur est insoutenable de les savoir en vie et heureuses. La rage qu’ils ressentent est celle d’avoir perdu face à un inférieur. Voilà pourquoi ils préfèrent les tuer, parce ce qu’elles ont osé défier leur autorité.

La liste, longue, de ces assassinats a été faite par le site Libération. Le site Féminicides répertorie également ces assassinats par compagnons ou ex-compagnons, à partir de la presse.

Il est important de remarquer que ces hommes ne se suicident pas. Ou, quand ils le font, c’est seulement après avoir supprimé la vie de la femme qui leur a échappé ou a imaginé pouvoir le faire. Ces suicides ne sont pas guidés par l’émotion, ils ressemblent plutôt à ce que font les méchants dans les films américains, quand, acculés, ils tirent sur la police, certains de se faire abattre. Plutôt mourir au combat qu’être humilié par la justice des hommes.

Voici quelques exemples de ces crimes d’honneurs, où plutôt que de n’ôter que leur propre vie, des hommes assassinent la femme qu’ils croient posséder (et, parfois, les enfants aussi) :

En mars 2017, Djeneba est morte assassinée de sang froid par son ex-mari plusieurs mois après leur rupture. Elle avait refait sa vie, avec ses enfants. Que son âme repose en paix, puisse la peine de ses proches être un jour adoucie.

En avril 2017, Danièle, 74 ans, qui commençait à faire le projet de reprendre sa liberté, a été assassinée par son mari, âge de 93 ans. Que son âme repose en paix.

En juin 2017, Emilie est morte après que son conjoint l’a attachée sur les rails du TGV. Puisse l’âme d’Emilie reposer en paix, que la douleur de ses proches soit un jour allégée.

En juillet 2017, Brigitte, 62 ans, est morte assassinée par son conjoint en contexte de séparation. Paix à son âme.

En août 2017, Hulya  est poignardée à plusieurs reprises par son ex-compagnon, dans la rue. Quand il s’aperçoit qu’elle vit encore et tente de s’enfuir, il l’écrase en voiture jusqu’à la tuer. Le nouveau compagnon a, lui, été agressé. Qu’Hulya repose en paix.

En septembre 2017, Sindy et deux de ses enfants, âgés de 3 et 5 ans, sont morts abattus par le père, policier,  après qu’elle a décidé de quitter le domicile conjugal. Que l’âme de Sindy et de ses deux enfants repose en paix. Puisse la douleur de ses autres enfants et de ses proches un jour être allégée.

Il y a encore beaucoup de progrès à faire, de moyens à mobiliser, pour que les institutions gèrent ces situations de danger de manière adaptée et proportionnée. La dangerosité de ces hommes est généralement minimisée et l’on demande à celles qui risquent le plus, ces femmes, d’être lanceuses d’alerte. Cela se fait au prix de leur vie encore très souvent.

Nombre de proches, pris de colère face à ces drames, alertent sur ce qui s’est passé, sur les conditions de ces mises à mort. Il est important de les écouter et de tirer des enseignements de ces drames insupportables. Ainsi, les proches de Marie-Line, morte assassinée en 2004 :

Le 28 août 2004, ma petite soeur c’est fait assassiné par son ex-compagnon, et sa fille à été blessé, toute notre famille est encore très choqué par ce qui c’est passé , et très en colère auprès de la justice, cet homme avait déjà frappé ma soeur au mois de mars, il a été incarcéré pendant quatre mois en détention provisoire, lors de son interrogatoire en garde à vu , il a dit , qu’il finirait son travail à sa sortie de prison, qu’il n’en avait pas terminé avec elle… il est sorti début juillet, ma soeur n’a pas été prévenue, elle à reçue un sms de son meurtrier, puis tous les jours ,,, de plus en plus menaçants…et de plus en plus nombreux. Ma soeur à pris les devants , en envoyant un fax au procureur de la république, puis elle est retourné à la police pour le signaler, elle se sentait en sécurité, elle est partie quinze jours en vacances avec mon frère et ma belle soeur, les messages n’arrêtaient pas, quand elle est revenue, le frère de l’assassin est venu récupérer les affaires et les meubles, elle pensait enfin que tout rentrerais dans l’ordre , et a même fait changer son numéro de portable, je la revoie encore, toute souriante, elle recommençait à vivre…. et c’est ce samedi midi là qu’il lui pris sa vie… tout était calculé, et prémédité, il c’est ensuite donné la mort, mais notre famille est anéantit, la colère , et toutes ces questions qui restent sans réponse, Marie-Line avait 39 ans est trois merveilleux enfants, il n’ont plus de maman, Je ne sais plus vers qui me tourner, toute notre famille lutte on n’a envie de hurler et on a envie que tout le monde puisse entendre que notre justice est inexistante , quatre mois de prison , pour l’avoir frappé, attachée, bâillonné et harcelé de messages de menaces de mort ….Marie-Lyne était courageuse, elle n’avait pas peur !!!! Elle me disait souvent (« je crains rien tu sais, j’ai fais ce qu’il fallait, pour qu’il me fiche la paix …. ») Elle est morte parce qu’elle a crus en la justice, combien de femmes vont mourir encore ???? Il faut que les lois changent, il faut les protéger, je veux que Marie-Line puisse dormir en paix !!!Merci de m’avoir lu…..

Le fait d’entamer des démarches auprès de la justice, de la gendarmerie, de la police peut pousser une femme à surestimer le niveau de sécurité : un homme qui s’apprête à voir s’effondrer son royaume n’a rien à perdre. Les autorités ne lui font pas peur.

Voilà pourquoi des précautions particulières doivent être prises, en plus de des démarches auprès de la justice ou de la police :

  • on ne prévient pas un homme violent de son souhait de partir. Le départ se prépare en secret. Il ne doit rien soupçonner.
  • on ne prévient pas les enfants de son souhait de partir. Pour cette raison, l’accompagnement des enfants est ESSENTIEL pendant et après le départ, pour qu’ils puissent exprimer leur ressenti et élaborer ce qui se passe. Lorsqu’on garde le secret sur ce départ, on protège les enfants car l’emprise les atteint aussi, leur père violent demeure leur père et ils sont particulièrement vulnérables face à l’emprise et la culpabilité qu’elle entraîne. Partir, c’est protéger les enfants puisque, la recherche récente l’a démontré, les enfants, même non violentés, sont affectés durablement : lire, à ce sujet, Impact des violences conjugales sur les enfants de Muriel Salmona.
  • on ne part pas pour un endroit que l’agresseur connaît : travail, amis, famille doivent être tenus au courant pour savoir comment réagir. Les agresseurs vont engager une traque, qui peut même les mener à des parents éloignés : le lieu doit donc être inconnu de lui.
  • Une fois la décision de départ prise, toute la vie change : l’école des enfants, leur cercle amical, leur activités… Une nouvelle vie, ailleurs. Ce peut être un lourd prix à payer mais partir, c’est faire le choix d’une nouvelle vie, en sécurité.

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